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 Bienvenue sur le site de Jean Caille

   (1913-2016)

Dédié à tous les prisonniers de guerre 

 

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Voici deux excellents reportages concernant La bataille de France

 

La Bataille de France, la plus grande défaite militaire française

 

 

 

 

 

 

Les Grandes Batailles De Jean-Louis Guillaud et Henri de Turenne Réalisation Daniel Costelle

 

 

 

 

 

 

 

COMMENT LONDRES ET WALL STREET ONT MIS HITLER AU POUVOIR

 

 

 

 

 

Le Complot par Antony SUTTON

 

 

 

 

 

 

Articles

 

Article du Monde du 8 mai 2015 par Charles de Laubier au moment de la Commémoration. Le journaliste accuse les autorités françaises d'avoir "oublié" ses morts.

 

Les soldats morts pour la France

 

Les responsables selon Pétain. Article paru le 13 avril 2012 sur le blog de Jacky Tronel.

 

Les responsables de la défaite écroués


COMMENT LONDRES ET WALL STREET ONT MIS HITLER AU POUVOIR

article de William F.Wertz du 19/9/06 Solidarité et Progrès

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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Le journal LE MATIN du  jeudi 31 octobre 1940

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE JOURNAL DU DIMANCHE du 16 JUIN 1940

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE JOURNAL 2 JUIN 1940 Le général Huntziger cherche ici à galvaniser ses troupes alors que l’armée belge a déjà capitulé quelques jours plus tôt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Maxime Weygang

Maurice Gamelin

Léon Blum

Edouard Daladier

Philippe Pétain

À quoi sert, me direz-vous, de chercher des responsables de la défaite aujourd’hui ? Eh bien peut-être pour les mêmes raisons que les derniers présidents français ont trouvé pour s'excuser du passé colonialiste de la France. Tout simplement parce qu’avoir le courage de mettre en évidence les erreurs du passé sous-entend une analyse des causes profondes et au moins cela peut-il donner l’espoir, même illusoire, qu’elles ne se renouvelleront pas. Mais au-delà de ce simple constat, il s’agit pour moi d’une reconnaissance à titre posthume de la responsabilité de L’État - même indirectement - dans les centaines de milliers de victimes françaises, morts, invalides, parents, veuves et orphelins confondues. Je pense que mon père aurait pu mourir en paix si cette reconnaissance avait publiquement eu lieu et j’imagine qu’il ne doit pas être le seul. Au lieu de cela, combien existe-t-il aujourd’hui en France de rues portant le nom de soi-disant héros de guerre ou d’hommes publics qui en réalité, portent par leur incompétence, leur manque de courage politique ou de clairvoyance, une part de responsabilité, sinon dans l’avènement de la guerre, du moins dans son déroulement et ses conséquences ?

Pour autant, il convient de repréciser ici que si certains courants politiques passés ou encore quelques grands militaires portent la responsabilité de la défaite, on ne peut pour autant leur imputer la montée d’Hitler et, le laisser-aller qui fut plus clairement celui des politiciens élus au moment de l’entrée en guerre (Français comme anglo-saxons d’ailleurs) est plus clairement responsable de cette gabegie. Sans oublier bien sûr la politique de coopération des grands groupes  industriels anglo-saxons ayant des intérêts financiers, et qui ont permis à l’Allemagne nazie de se construire une formidable machine de guerre. Par ailleurs, les anglo-américains, contre l’avis français, n’ont-ils pas exonéré l’Allemagne de ses dettes de guerre envers la France. (due en réparation de la première guerre mondiale), considérant que l’Allemagne exsangue ne pouvait plus payer ? Or, chaque sou économisé, loin de servir l’intérêt de la population germanique a évidemment servi l’effort de guerre voulu par Hitler. Certains prisonniers de guerre, des intellectuels, n’hésiteront pas à incriminer les anglo-américains qu’ils jugent même responsables d’avoir soutenu l’arrivée au pouvoir du dictateur. L.Quinton cite le poète et instituteur Luc Decaunes qui aurait dénoncé dans le « Trait d’Union » le soutien que ces derniers ont longtemps apporté à Hitler contre l’URSS, et qui sont responsables à ses yeux de la guerre. Mon père était très clairement de cet avis.

Ai-je zappé quelque chose ou ne m’a-t-on jamais enseigné la seconde guerre mondiale sous cet angle en cours d’histoire ?

Néanmoins, en ce qui concerne les responsabilités bien françaises dans la défaite, il s’avère qu’en faisant quelques recherches (modestes) sur le net, j’ai trouvé que le Front populaire avait sa part de responsabilité ; notamment en raison du manque de moyens alloués à l’armée. Blum était un pacifiste convaincu, non un clairvoyant -Tout autant que les hommes du gouvernement suivant, dont Daladier était le chef de file.- Sans vouloir remettre en cause les avancées sociales que nous devons au Front populaire, il apparait que ces messieurs étaient peut-être un peu trop idéalistes ; et cela, même si lors de son procès, Léon Blum a assené à ses juges le contraire en prétendant que le réarmement n’avait jamais été aussi intense que lorsqu’il était à la tête de L’État ! Que n’ont-ils pas écouté de Gaulle qui, pour sa part, gardait la tête sur les épaules ? Car ce dernier fut bien l’un des rares à s’alarmer de la vulnérabilité de la France au début des années 30 et de l’état général de son armée. Il avait même proposé un projet de réforme et de modernisation de l'armée assez ambitieux avec plusieurs formations de divisions blindées, tout en plaidant pour la création d’une armée de métier et en rappelant l’importance de l’aviation. De plus, il insistait sur la sélection et la formation des chefs militaires (pas du luxe, à priori !). Malheureusement, la réaction du pouvoir politique en place fut très négative. Léon Blum et les parties de gauche lui reprochèrent alors de sortir de son rôle et Weygang succédant à Gamelin comme commandant en chef de l’armée française en 1940, aura même été très critique envers ses propositions qui, si toutes avaient été prises en compte, auraient probablement changé le cours de la guerre. Bien sûr, Blum  comprit plus tard son erreur. Après Munich, il prêcha pour un effort de réarmement rapide et intense de la France, mais c’était déjà trop tard et son camp était bien divisé sur le sujet !


Les batailles de la Somme et de l’Aisne sont la preuve flagrante, non pas seulement de la médiocrité des grands chefs militaires et des politiciens, mais également de leur pleine responsabilité dans les milliers de morts ‘pour rien’ précédant la débâcle ! Les accusations de mon père qui pointe la responsabilité de l’État et des Chefs de guerre sont évidemment fondées. Responsabilités collectives et individuelles que, visiblement, nul n’a voulu porter après la guerre. Gamelin soutenu par Daladier fut visiblement à l’origine de la stratégie consistant à attendre l’attaque allemande pendant la drôle de guerre - pour ne citer que cette tragique erreur -. Bien entendu, sa responsabilité aujourd’hui est bien reconnue. Pour autant, à son retour en France après la guerre, personne ne lui a demandé de comptes ! Il aura même tenté de se justifier au travers d’écrits publiés où il se posait en victime… Quant à Weygang, nommé par Daladier à la tête des armées, alors qu’il était pleinement conscient que la guerre était perdue d’avance, n’a-t-il pas agi en criminel en maintenant les lignes sur les fronts de la Somme et de l’Aisne ? D’autant que l’histoire rapporte qu’avant de signer l’armistice - qu’il savait inéluctable avant ces combats -, il attendait des troupes françaises qu’elles « sauvent l’honneur du pays, en se battant jusqu’à épuisement. »

Par la suite Weygang, ministre sous Pétain fera appliquer les lois raciales, notamment celles qui excluent les Juifs de la fonction publique, de presque toutes les activités privées et de l'université, et qui placent leurs biens sous séquestre. Il ira même encore plus loin que Vichy, en excluant, sans aucune loi, les enfants juifs des écoles et lycées, et ce, avec l'appui du recteur Georges Hardy. Il instaurera en effet, par une simple note de service no 343QJ du 30 septembre 1941, un « numerus clausus » scolaire excluant la quasi-totalité des enfants juifs des établissements publics d'enseignement, y compris des écoles primaires, alors que ces mesures n'avaient pas été clairement décrétées. (Sources : Wikipédia, consulté le 15/11/18)

Pourtant, il existe encore aujourd’hui des rues en France qui portent son nom ! Quant à Daladier « l’homme de Munich » qui a pris la fuite au Maroc, lors de l’avancée des troupes allemandes en France et, malgré le procès qui le mettra en cause dans la défaite française, il sera à nouveau un élu de la République, député entre 1946 et 1956 et même maire d’Avignon en 1953 ! Bien sûr, cet ancien de la guerre de 14 a des excuses. Il voulait à tout prix faire l’économie de sang français dira l’histoire, et c’est pour cela qu’il prêcha une politique uniquement défensive. Daladier n’était probablement pas un homme mauvais, mais plutôt un homme faible qui, par ses choix politiques, a coûté plus de sang français qu’il n’en a économisé. Combien de rue et de boulevard Daladier en France aujourd’hui ? Et ce ne sont là que les Hauts-dignitaires les plus évidents auxquels il convient d'ajouter les noms de Laval et Pétain. Mais ce ne sont pas ces hommes seuls qui sont responsables de tout. Il y en a bien d’autres à des niveaux probablement inférieurs, que l’histoire

Ici l'Avenue du Général Weygang à  Nice

Pierre Laval

André Corap

égratigne peu. Quant à la détermination des responsabilités par les élites de l’époque, seule la gauche pointe du doigt les défaillances et la trahison des grands chefs, qu’ils soient militaires ou politiques. Le discours de droite porte, sans aucune gêne, la responsabilité sur les hommes de troupe soi-disant contaminés par le bolchevisme.

Y.Durand, pour sa part, renvoie la droite et la gauche dos à dos et cite J.B. Duroselle et Henri Michel, deux historiens français qui ont beaucoup écrit sur le sujet et analysé les raisons de la défaite.


« Cet ‘ abîme ‘ avait été préparé par la ‘décadence’ de la volonté politique et militaire française d’avant-guerre. En politique, une droite hésitante (à tout le moins) dans le choix des véritables ennemis de la France : Hitler ou Staline, les Allemands ou les communistes ; une gauche sensible, elle, au danger nazi, mais incapable de s’unir sur une politique entraînant ses alliés au lieu de se soumettre à eux et à leurs propres incertitudes – celles de l’Angleterre surtout, longtemps à la recherche d’un compromis avec Hitler […]Dans le domaine militaire, une stratégie défensive qui mettait l’armée française à la merci des initiatives de l’ennemi ; […]une inaptitude constante à réagir avec la vitesse requise aux nécessités d’une guerre de l’âge du moteur… »


Et de mettre en évidence des arrière-pensées politiques chez des hommes comme Pétain et Weygang, investis dans de hautes responsabilités militaires et qui ont, selon lui, contribué avant la guerre à une certaine impréparation de notre armée !

L. Quinton, quant à lui, reprend la résolution votée par le Comité Fédéral de la F.N.P.G. du 8 juin 1945, dans sa circulaire n°23 Direction générale, citant les responsabilités quant à la défaite. Il rappelle que ce texte avait été préalablement cité par C. Lewin dans « Le retour des prisonniers de guerre français »  p. 101.


« [les P.G.] accusent les responsables de la défaite :

- Les dirigeants qui nous ont amenés à la guerre dans les circonstances et les conditions que nous avons connues ;

- Les gouvernements et les états-majors qui ont négligé de préparer la force militaire de la France ;

- Les gouvernements et les diplomates qui ont mené la France de capitulation en capitulation ;

- Les partis politiques et autres groupements qui sous prétexte de maintien de l’ordre ou de pacifisme ont fait le jeu de l’ennemi ;

- Les agents de la démoralisation française ;

- Tous ceux qui ont lutté contre la natalité, la production et l’amélioration des conditions de vie ;

- L’instabilité ministérielle et l’irresponsabilité généralisée dans les administrations. »


On comprend d’ailleurs mal, dans ces conditions, comment certains Français, notamment certains anciens poilus de 14, ont pu incriminer leurs cadets en leur reprochant une défaite quasi orchestrée ou en les accusant parfois de manque de courage au combat alors même qu’ils ont été sacrifiés sur l’hôtel d’intérêts particuliers, de l’indécision et du défaitisme de la masse dirigeante ! Quelle injustice…

Ambrière, reprenant à son compte les mots d’un soldat qui n’ayant pas supporté l’humiliation de la défaite s’était donné la mort quelques jours après sa capture, parle d’une « guerre des eunuques ». Pour lui, les soldats français étaient entrés en guerre avec une véritable âme combative châtrée par la faiblesse de leurs chefs militaires.


Tout y est. Inutile d’en rajouter. Mon père ne parle pas différemment et sa colère semble bien légitime.